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Compte rendu montagne ALPINA : WE ski de rando
06/07/08 mai 2017
Lieu :    Balaitous , Hautes Pyrénées
Organisateur :    Soulier cyrille
Participants :    
Hélène Cance
Christian Severac
Hélian Soulier
Thibaud Chabert
    Cyrille Soulier et un anonyme que nous appellerons “Richard”


Après une semaine de casse tête météo mon cœur balance entre les alpes (tour de la Meije) et les pyrénéens (Balaïtous). Finalement

à 24 h du départ la situation s’éclaircie, nous restons fidèles au programme, ce sera les pyrénéens.


Départ vendredi soir, incroyable Thibaud est presque à l’heure et surtout il a tout son matos ! Comme quoi il est possible de changer et de s’améliorer. Nuit paisible à la grange de Christian et Hélène, que je remercie une fois de plus, pour leur hospitalité. La météo est annoncée mauvaise pour le matin (pluie orageuse), je décide de prendre le temps, mais « Richard » n’est pas de cet avis et met le réveil à 6 h ; histoire de vérifier.
Il a bien fait car à 5 h l’orange gronde encore dehors, mais à 6 h le temps se lève, alors nous aussi !

Après avoir vérifié qu’il n’y avait pas une suédoise égarée dans la campagne, nous nous mettons en route, sans trop savoir dans quelle direction partir. Heureusement Christian est là, pour nous indiquer la direction d’Arrens.


Jour 1 : Départ du parking de la maison du parc à 1470 m, il y a seulement 3 voitures, nous savons qu’au refuge il y a 10 matelas et 20 couvertures. Donc après un savant calcul et en espérant que sur les 3 voitures il y avait un tiers de pêcheur, nous partons, sans matelas n’y duvet. Option « grand joueur », sachant que le refuge de Larribet est perché à 2060 m d’altitude, sans chauffage, évidemment.

Rapidement deux groupes se forment les « baskets light » et les  « coques rigides », conflit de génération….

Après avoir dépassé le lac de Suyen le portage s’intensifie, nous rencontrons les premiers névés dans le vallon de larribet, mais nous ne pourrons pas chaussée les skis avant 1900 m d’altitude.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 1h30 de portage et une demi-heure de ski nous arrivons les premiers au refuge, calmés et soulagés de savoir que tout le monde dormira sur un matelas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Après une brève pause déjeuné, le temps se met au grand beau, il est tombé une petite couche de poudreuse dans la nuit au-delà de 2000m, les montagnes sont plaquées de givres, l’appel est irrésistible…Nous rechaussons les skis, tous unis autour du « light » cette fois (pas de crampons, pas de piolet, pas de baudrier), bref du bon ski en perspective.
Je jette un rapide coup d’œil sur la carte, énumère x projets, finalement nous partons vers l’inconnu le « pic rouge » situé entre le petit et le grand Balaitous. Pour un premier contact cela me semble pas mal. Les conditions sont printanières, rapidement nous atteignons la neige fraiche, Thibaud s’exerce au difficile métier de traceur et nous sommes exigent en la matière. Ni trop à plat, ni trop raide !
Progressivement le vallon s’ouvre a nous et laisse apercevoir une magnifique face neigeuse s’élever jusqu’au sommet, l’excitation monte. Seulement la pente est raide, voir très raide pour certains les conversions deviennent délicates et de nouvelles techniques font leur apparition.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


L’essentiel est de monter, mais en sécurité car progressivement la pente devient exposée, passant au dessus d’une petite barre rocheuse.
Christian préfère contempler la jeunesse fougueuse depuis son rocher et Hélène, la larme à l’ œil, renonce à mi pente à poursuivre.

Après avoir laissé les skis, nous parcourons une belle petite arrête aérienne menant au sommet du pic rouge à 2661m.




 


















    

 

 

 

 

 

Les bras levés vers le ciel nous célébrons ce premier sommet, modeste, mais esthétique !



 

Maintenant, il faut envisager la descente et autant pour certains cela suscite de l’excitation, autant pour d’autres le doute et l’angoisse s’installe. Après avoir testé le manteau neigeux « Richard » ouvre les festivités !

Depuis le bas nous assistons à la spectaculaire chute d’Hélian, dés le deuxième virages, alors que la seule consigne en haut était « ne pas tomber ». Il dévisse tout de même une bonne centaine de mètre, mais par chance il parvient à éviter la barre rocheuse et heurte avec son sac à dos les rochers. Il terminera sa chute enrobé dans une coulée de neige, dont il sortira indemne. Christian avait déjà dégainé la pelle, mais inutile, il sortira seul de ce mauvais pas. Ouf !












 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour au refuge dans une neige superbe, mais toujours pas de suédoise en vue, …1300m de dénivelé positif. Entre temps, un jeune couple à l’odeur odorante et deux gaillards sont arrivées au refuge. Ils passeront l’après midi à manger des lardons grillée, sous le regard de Christian et boire du whisky. Drôle de concept…
Nuit médiocre garce au ronflement de « Richard », la relève est assurée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jour 2 : Départ à 9h du refuge sous un ciel couvert, nous franchissons la brèche de la Garenère (2189m) à pied, car il y a eu un bon regel nocturne. Christian passe en tête, même lui n’en revient pas !



 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Richard malgré sa casquette à poids semble en petite forme. Traversée au dessus des lacs de Batcrabère et montée dans le brouillard vers la passe de la Barane (2643m). Pas facile ce début de journée, nous devons sortir deux fois le GPS pour être sur du coup et surtout bien se comprendre sur le passage à emprunter. Ceux qui étaient là comprendront !

Ne pas perdre de vu le collègue et garder un œil sur la brèche le temps d’une courte éclaircie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belle descente vers le gourg glacé et remonté au col wallon derrière « Richard » qui retrouve progressivement sa forme.

Maintenant, nous apercevons le sommet et il semble très, très, loin. Le groupe s’étire dans ce magnifique vallon, nous sommes maintenant en Espagne ; il fait grand beau et chaud.
12h30 nous sommes au pied de la pente sommitale qui s’annonce une fois de plus pentue,  nous décidons de faire un regroupement autour d’une pause déjeuné. Cette fois personne ne parvient à passer ski au pied, nous terminons l’ascension en crampons, mais trois d’entre nous montent tout de même les skis. C’est par une large crête neigeuse que nous gagnons, en groupe le sommet du pic de frondella à 3022m.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


Le crux !
Descente gradué en fonction du niveau de chacun, notre intrépide « Richard » engage un impressionnant couloir dont l’issu est incertain, nous le surveillons à distance, du mieux que l’on peut, espérant qu’il ne chute pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 


Le reste du groupe se divise en deux, les uns misent sur un versant sud en neige de printemps, les autres changeant de versant pour profiter d’une neige plus froide. Pari réussit pour tout le monde, de larges sourires s’affichent sur les visages, tout le monde y a trouvé son compte. Après s’être regroupé, nous faisons le chemin inverse avec encore de magnifiques descentes. Thibaud parvient à joindre mamie pour valider sa procuration, ouf, la France ne tombera pas aux mains du FN.
Bilan de la journée 1600m de dénivelé positif, 16 km parcouru et 73 km/h en vitesse max pour Thibaud, pas très raisonnable tout cela ! Deuxième nuit au refuge, plus calme.

Jour 3 : C’est le grand jour, l’objectif du WE, le Balaitous ! Réveil plus matinal 6h ! Bon regel nocturne, donc départ en crampon ou couteau pour les jeunes intrépides. Une première longue ascension jusqu’au col du pabat 2829 m, le groupe s’étire, nous faisons un regroupement au soleil. Temps magnifique, il fait grand beau, pas de vent. Traversée pour gagner le glacier de las néous, nous nous délestons des affaires inutiles. Hélian en profite pour laisser filet son descendeur,….dommage.

C’est sous un soleil de plomb que nous gagnons le pied de la fameuse cheminée de las néous.












 

 

 

 

 

 

 

Richard à l’Attaque !
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une courte partie en glace en bloque l’accès, mais cette première difficulté sera bien vite derrière nous, car plusieurs cordées arrivent et nous voulons rester devant. Richard s’élance dans le couloir de neige, encordé avec Hélène et Thibaud. Nous emboitons leur pas, ils laissent leur matériel en place afin que nous puissions l’utiliser à notre tour et gagner en efficacité.

C’est sans encombre, que nous atteignons le sommet du Balaitous à 3144m.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous attaquons la descente en corde tendu jusqu’au premier relais, depuis lequel nous posons le rappel qui est trop court ! De plus, la moitié du groupe n’a pas de descendeur et ne maitriser pas le demi cabestan ! Il va falloir franchement réviser au prochain we technique….
Heureusement Richard, en bon négociateur fait alliance avec une autre cordée et nous descendons l’intégralité du couloir en rappel en alternant nos cordes. Cool ! Maintenant il ne nous reste plus qu’ a effectuer une splendide descende en ski sans couper les traces, bordel !

Avec Richard nous décidons de faire un « azimut brutal » et de ne pas passer par le vallon comme tout le monde, nous prenons l’option crête ou d’immense champ de neige vierge s’offre à nous. Enorme ! Passage sous le refuge Ledormeur, pour boucler la boucle. Après avoir élagué deux ou trois rhododendrons nous quittons les skis vers 1750 m. Belle performance pour la saison ! Nous regagnons le parking à pied, certains prendrons une douche glaciale dans le torrent tout en savourant pleinement ce dernier beau we de la saison.

Bilan de la journée 1400 m de dénivelé, 20 km parcouru et je ne préfère pas parler de la vitesse max…heureusement le port du casque se démocratise.

Certains ayant la chance de bénéficier d’un petit bonus (un jour de congés supplémentaire), nous décidons avec Richard d’enchainer le soir même vers Gavarnie pour tenter le lendemain un projet de longue date…Après avoir dégusté un plat de pate entre deux voitures, nous nous remettons en route, direction Gavarnie et le refuge des Espuguettes (2027m). Nous négocions un parking le plus loin possible dans le cirque et échangeons avec un jardinier alpiniste qui nous met en confiance « oui, oui, c’est bon mon fils à faits la boucle il y a deux jours en partant d’ici, … », c’est qu’il nous fait hésiter.
Finalement  après avoir consciencieusement refait nos sac et sélectionner chaque objet emporté, nous attaquons la montée au refuge vers 19 h. C’est 700 m plus haut, à 21h que notre journée s’achève avec un total de 2100 m de d+, autant vous dire que nous avons bien dormi.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Couloir swan
Jour 4 : réveil matinal 4h ! Les grandes journées commencent souvent tôt ! Pas de vêtements à ranger nous avons dormi avec tout ce que nous avions emporté ! L’objectif de la journée est d’enchainé deux faces nord classique, par des itinéraires esthétiques (couloir swan et face nord du mont perdu).
Le regel nocturne est faible, haie, haie…Après 1h30 d’approche nous atteignons les premières pentes raides du couloir swan, Richard n’est pas dans un grand jour en ce début de journée.

Nous grimpons en solo jusqu’au pied de la première difficulté. La goulotte est en glace vive sur 30 m, je commence à me dire qu’il avait raison d’insister sur les broches à glaces, je recompte, j’en ai bien que 4 ! Espérons qu’il y est un relais au dessus…Evidemment je suis en bout de corde, et toujours pas de relais en vue, pas un piton qui traine, il ne nous reste qu’une solution, continuer. Quelques mètres plus hauts, j’atteins une grotte avec le relais, le ton est donné, nous sommes dans l’ambiance !

Nous enchainons encore quelques longueurs raides et progressivement la pente s’adoucit pour atteinte 45 degré, le couloir s’élargi. Les premiers rayons de soleil lèche les cimes qui libèrent leurs premières pierres. Pas de pause déjeuné, nous enchainons corde tendu jusqu’au sommet 500m plus haut. 10h on franchi la corniche sommitale sans aucune difficulté et nos visage goute à la douceur du soleil.

Notre second objectif est là, face à nous et déjà en plein soleil, haie, haie…Après une rapide étude de l’itinéraire dans la face, nous enfilons les skis et traçons au plus direct. Il fait déjà très chauds, nous décidons unanimement de shunter le premier couloir et grimpons par le premier passage trouvé pour atteindre le glacier. Nous chaussons à nouveau les skis pour s’élever au maximum et atteindre la base du second couloir. Il fait très chaud et nous commençons à souffrir de la soif.
Deux cordées on déjà fait la trace, nous emboitons leurs pas, dans des pentes à 55 degré. Nous partageons notre inquiétude quand à la stabilité du manteau neigeux, qui est de plus en plus profond et humide. Richard se découvre alors soudainement une deuxième jeunesse accompagné d’une forme olympique. C’est donc sur un bon rythme que nous nous dépêchons de dépasser la rymé afin d’être plus en sécurité. Nous sommes  à l’attaque du couloir à 3000m et le sol est a nouveau glacé, ouf !

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nous franchissons ces difficultés en deux longueurs et sommes admiratif de Christian car nous trouvons le passage de la goulotte relativement difficile. Peut être qu’elle est moins fournie, mais ça grimpe sévère tout de même ! Il est 14h30 lorsque l’on atteint enfin le sommet du mont perdu à 3365m.

J’aurais vraiment aimé manger mon taboulé, mais le mauvais temps annoncé pour la nuit est déjà là, il remonte d’Espagne à toute vitesse. Nous décidons d’enchainer direct la descente par le versant ouest en direction du col du cylindre. Nous sommes épuisés, il est difficile d’enchainer plus de 3 virages. C’est dans ces circonstances difficiles que Richard l’intrépide re-surgit, le voilà qui coupe la pente pour rejoindre  « le doigt » situé sur l’arrête qui borde la face nord…Vous avez compris le plan….le plus court et le plus rapide est de redescendre la face nord. Sans hésiter Richard s’élance à gauche, oups, des barres rocheuses partout, changement de cap à droite toute. Je reste en haut dubitatif et ressors les photos pour étudier un peu mieux la descente lorsque j’entends des hurlements au loin, …Richard s’impatiente. Ayant confiance en lui, je me lance à sa poursuite zigzagant au milieu de cette immense face dans une neige pourri. Skier vite et sans ce retourner, après un bref passage acrobatique, ce n’est pas peu fier que nous atteignons ski au pied le bas de la face.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne nous reste plus qu’a traverser l’étant glacé qui l’est encore, ouf ! Puis remonter au refuge de tuquerouye (2666m), toujours aussi dur, puis skier la brèche avec un départ à 45 degré, franchir un épaulement et remonter 300m pour passer la hourquette d’alans (2430m). Nous sommes touchés physiquement, mais le moral est là, nous parvenons a faire encore un peut d’humour. Il est 18h30, nous attaquons la 15 ème heures et surtout la dernière descente vers le plateau de Pailla à 1800 m.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Après avoir rechargé une dernière fois les skis et les chaussures sur le sac nous descendons à pied jusqu'à Gavarnie, arrivée au camion à 20 h, passage du tunnel avant la fermeture ouf ! Mac do à 22h, Millau à 3 h, levé pour les enfants à l’école à 8h, comme si rien n’était, dur, dur, de revenir dans ce monde après de telles aventures.

Bilan de la journée, 2050 m de D+, deux belles faces et surtout une belle aventure humaine entre deux hommes.

Lu 314 fois Dernière modification le mercredi, 12 décembre 2018 23:44

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