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WE 22/23 Février 2014
Lieu :    Cantal

 
Ce we était initialement prévue le 1-2/02, mais reporté pour cause de mauvais temps. Après quelques déboires d’organisation (annulation, erreur de réservation, inscription de dernières minutes) le we a finalement lieu et nous respecterons le programme (ski/raclette).

Tout cela sera bien vite oublié.
Cette nouvelle expérience cantalienne nous aura permis de vérifier deux choses (s’il valait les vérifiées). Le Cantal peut offrir des conditions dignes de la haute montagne, mais il peut aussi y faire beau (au moins 1 jour !).

 

 

 


Samedi 22/02/2014 :

Départ peu matinal de Millau, 8h parking de la grave nous sommes 3 dont notre fils de 5 ans, 8h15 l’ensemble de l’équipe est au RDV. JF tente de nous perdre dans Millau mais armé de notre GPS nous trouvons finalement l’autoroute. Notre trajet le long de l’A75 oscille entre espoir et désespoir au gré des éclaircies ou des averses de neiges traversées. Le ton du WE est donné, la neige et le soleil seront au programme.



Au vu de l’épaisse chape grise qui enveloppe les volcans cantaliens nous optons pour un itinéraire dans le cirque de Chamalières histoire d’avoir quelques points de repères (arbres ou roches). C’est donc un groupe de 8 skieurs et d’un « raquetiste » qui s’élance depuis le pont de fer (alt 1273) situer 1 km sous le col de Prat de bouc. Patrick ayant réglé quelques problèmes techniques liés au progrès, l’échauffement un peu rapide se déroule sur de faible pente, dans une belle ambiance forestière. Sans même nous en rendre compte nous nous enfonçons progressivement vers le cœur du massif. Quelques belles lignes de ski sont repérées entre les arbres. Vers 12h nous pointons nos spatules au l’orée du bois, les jeunes loups sont au avant-poste flairant la moindre combe poudreuse.

C’est donc en prenant appui sur les rochers de Chamalières que nous parvenons à percer les nuages et c’est dans un éclair de brouillard comme seul la montagne sait en offrir que nous débouchons a un petit col coté à l’altitude 1629 m. Et c’est  précisément là que tout commence à basculer. En effet jusqu’à présent nous avions progressé, protégé par les crêtes. Terminée l’atmosphère feutrée et protectrice de la foret. Maintenant nous allions poursuivre la route des crêtes en direction du Puy du Rocher pour tenter d’y trouver refuge.
Exposés à de violentes rafales de vent et fouettés par des giclées de neige fondante, le doute s’installe, la file s’étire, chacun prend sur soi et tente de se protéger comme il peut. Les uns se réfugiant derrière leur masque, les autres s’enfonçant dans leur capuche. Petit à petit le groupe ralenti, les visages se paralysent. Nous n’arrivons plus à articuler, la communication se fait à minima et les regards en disent long. Il est temps de trouver un coin d’accalmie pour envisager le retour. C’est probablement au sud du Puy du Rocher à l’altitude 1745 m que nous trouverons refuge sous un micro relief éjectant les rafales à quelques mètres au-dessus de nos têtes (un peu ivres) de ces conditions très cantaliennes.

Il est 13h, dans ces jours blancs, la montre reste bien l’un de nos seul repère ! Le début de la descente n’est pas à mettre dans les annales. Le but du jeu étant de ne pas perdre des personnes et la crête. Le manque de visibilité nous oblige à reprendre quasiment à l’identique l’itinéraire de montée. Lorsque nous plongeons dans le cirque, la neige est bien meilleure, deux ou trois la goûte même de prés. L’euphorie de la descente nous pousse à enchainer, le jeune loup (qui se reconnaitra) à faim. Il regagne la forêt en quelques courbes. Suivie par la meute (qui commence aussi à avoir faim) il dévale l’étroit sentier avant de marquer une courte pause. S’ouvre alors sous nos skis une large forêt parsemée de hêtres et entrecoupée de souches offrant de somptueux tremplins naturels pour certains. Le moment est court mais intense. Notre jeune loup terminera sa course folle stoppé net par un profond fossé marquant l’heure de la pause déjeuner. Enfin !

La reprise est difficile, en effet comme retrouver la motivation pour repartir là-haut, …. Le groupe se divise, certains prennent l’option du retour alors qu’un groupe de cinq décide d’aller taquiner le sommet de « l’aiguillon ». La montée se fait à un rythme soutenu, les conditions sont toujours aussi mauvaises, nous n’avons aucun point de repère, il est parfois difficile de savoir si l’on monte ou si l’on descend. D’ailleurs lors de la descente nous sommes tellement déboussolés qu’il nous faudra faire un point GPS pour s’assurer que nous basculons bien du bon côté ! Vers 16h nous regagnons la voiture ou Pierre notre ami « raquettiste » nous rejoint comme convenu.

Le soir venu, nous regagnons notre gîte, l’ancienne école de Gilraldès situé au fin fond d’une vallée cantalienne. Après une telle journée, la soirée raclette est appréciée de tous et encore merci à JF pour son feu de cheminée.

Dimanche 23/02/1014 :

Réveil 7h, départ 8h20, le fromage ça colle ! Et il y a avait surtout un grand ménage à faire. Aujourd’hui il fait grand beau, Hélène n’en revient pas.


RDV au col de Serre (alt 1335 m), avec le soleil, la motivation est de retour. Nous partons en file indienne en direction du premier objectif de la journée, le mythique Puy Mary. Il se dresse, juste là, devant nous, lumineux et somptueux. Nous gagnons prudemment sa face Est, slalomant entre les coulées et les escargots.



Vers 11h nous atteignons ski au pied le sommet (1783 m) via l’arrêt Sud Est ! A notre arrivée, la face Sud semble être en bonne condition, mais le temps nous est compté car le soleil chauffe. Malgré sa pente soutenue (40°), nous envisageons la descente.

Notre jeune loup est toujours là, et il semble avoir encore plus faim ! C’est donc lui qui ouvre les hostilités, une fois les skis engagés dans la pente, la face est impressionnante.

La majorité trouvera la force pour dépasser l’appréhension du départ et sublimer sa peur en joie. D’autres opteront pour des options plus sages.

Les « anciens » tentent de se faire remarquer, Hélène ne sachant pas comment aborder le passage final, opte involontairement pour l’option chute avant dans la coulée, une fois le passage dégagé, JF le négocie en marche arrière. Bref chacun sa technique et avec le sourire.


Une fois remis de ces émotions, nous regagnons rapidement les crêtes, fuyant les versants sud qui surchauffent et menacent. Le danger éloigné, nous prenons le temps de casser la croûte au-dessus de la brèche de Roland (alt 1647 m).

Cela semble être une évidence, la descente se fera par son versant Nord qui nous semble facile après les pentes raides du matin. En revanche la neige est croutée et difficile à skier.

Une belle rampe ensoleillée nous permettra de regagner une nouvelle fois les crêtes au point coté 1673 m à l’Est de la Brèche.


Je ne ferai aucun commentaire sur la neige « pourrie » que l’on aura eu tout au long de cette dernière descente, je crois qu’il n’y avait aucune bonne option. Nous regagnons les véhicules via les pistes de ski de fond ou différents mondes se rencontrent, …

 

Nous clôturerons cette journée par une bonne bière !

 

 

Lu 2407 fois Dernière modification le samedi, 22 mars 2014 01:30

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